Samedi 23 juin:
• interview dans Le Parisien-aujourd'hui en France sur Secret story
• interview dans Le Figaro sur Secret Story
Lundi 25 juin:
• J'ai mes sources, émission de Colombe, France Inter, 10h30-11h
À ceux qui se demandent si l'on a raison de fixer des règles aussi tâtillonnes au débat des finalistes de la présidentielle, la retransmission de la soirée électorale du premier tour des législatives a répondu à sa manière.
Lâchez les réalisateurs, enlevez leur toute contrainte et vous voyez ce que devient l'objectivité... Si le travelling est une affaire de morale, selon le mot célèbre de Rivette, les "reaction cut", improprement appelés par les médias "plans de coupe", le sont tout autant. À cet égard, le réalisateur de la soirée électorale de France 2 a montré que tous les candidats aux législatives n'étaient pas égaux devant le traitement de l'image.
La déclaration de François Hollande fut ponctuée à trois reprises par des "reaction cuts" dont je retiendrai deux : d'abord Jean-François Coppé exprimant clairement sa désapprobation par des moues et des mots que nous n'entendions pas, ensuite Dominique Strauss-Kahn: la mine réjouie du "camarade" du premier secrétaire contrastait évidemment avec la mine défaite de celui-ci... à tel point qu'il la corrigea immédiatement quand il se vit dans l'écran de contrôle, reprenant une tête de circonstance. Mais le mal était fait et il avait été saisi avec dextérité apr le réalisateur: même au PS, on se moquait de François Hollande...
Bayrou, lui, fut sèchement remis à sa place: tandis qu'il dissertait sur le manque de représentativité du scrution, le résultat du MODEM, 7,8%, dévaluait d'un coup ses propos. Quand Fillion parla, le réalisateur se ressaisit... on n'interrompt pas le Premier ministre de la France, même par un plan de coupe! Aucune réaction ne vint contrarier son discours.
En quelques plans, le réalisateur de France 2 avait montré où, désormais, se trouvait le pouvoir.... un pouvoir monolithique que rien ne saurait entamer, même pas un "reaction cut".
J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon livre L'Empire du loft (la suite), Edition La dispute, le 14 juin.
Voici la "quatrième de couverture" et une photo de la couverture.
Depuis Loft story, la télé-réalité n’a cessé d’étendre son empire. Pas un genre, pas une chaîne, pas un pays qui n’ait été touché par le phénomène. Malgré sa mort régulièrement annoncée, elle n’en finit pas d’inventer de nouveaux formats qui contaminent les autres au point que la télévision dans son ensemble tend à prendre le visage de la télé-réalité.
Dans cette nouvelle édition, François Jost, éminent analyste de la télévision, professeur à la Sorbonne Nouvelle, prolonge son propos par cette question : au-delà de l’évolution télévisuelle dont elle témoigne, de quoi la télé-réalité est-elle le symptôme ? En revenant sur sa récente histoire, il découvre qu’en valorisant constamment l’anonyme au détriment des élites, elle a accompagné les changements politiques de notre société.Depuis Loft story, la télé-réalité n’a cessé d’étendre son empire. Pas un genre, pas une chaîne, pas un pays qui n’ait été touché par le phénomène. Malgré sa mort régulièrement annoncée, elle n’en finit pas d’inventer de nouveaux formats qui contaminent les autres au point que la télévision dans son entier tend à prendre le visage de la télé-réalité.
Dans cette nouvelle édition, François Jost, éminent analyste de la télévision, professeur à la Sorbonne Nouvelle, prolonge son propos par cette question : au-delà de l’évolution télévisuelle dont elle témoigne, de quoi la télé-réalité est-elle le symptôme ? En revenant sur sa récente histoire, il découvre qu’en valorisant constamment l’anonyme au détriment des élites, elle a accompagné les changements politiques de notre société.
Comment parler de la télévision ? La récente affaire du Donor show m’inspire quelques réflexions à ce sujet…
Tout le monde a entendu parler de ce show devant mettre en scène sur la télévision hollandaise une malade en phase terminal sommée de choisir à quelle candidate elle devrait donner un de ses reins… Depuis quelques jours, en effet, tous les médias en parlent et j’ai contribué à ce tourbillon médiatique, donnant des interviews chaque jour en direct ou non…
Ce matin, à mon réveil, un message de France Info pour m’avertir de l’imposture de la BBN et d’Endemol. Petite cause, grands effets…. Que faire des 8 minutes que nous avions enregistrées pour le Retour sur info d’Ariane Bouissou et dans lequel on se demandait jusqu’où irait la télé-réalité ? L’interview n’avait plus de sens… Il fallait la refaire… Que dire de celles données en direct ?
Je m’en veux car, au fond, j’ai été victime de l’agenda médiatique et je n’ai pas su y résister. Pourtant, le soupçon du mensonge m’avait effleuré, comme en 1989, en voyant les images du faux charnier de Timisoara. Alors pourquoi je ne l’ai pas dit ? Parce qu’il est quasiment impossible de répondre à autre chose que ce qu’on vous demande. Et ce qu’on voulait entendre alors était d’une autre nature, on voulait répondre à la question des limites. « Jusqu’où ? ». Imaginons que j’aie répondu (j’y ai pensé un moment) : « on ne peut rien dire pour le moment, attendez que l’émission ait lieu » ou « ne confondez pas émission et promesse d’émission ». On aurait tout de suite été interviewer un autre spécialiste, qui, lui, se serait prêté au jeu. En sorte que, dans un tel cas, il est impossible de faire passer dans l’espace public un simple principe de précaution comme « wait and see ».
Jusqu’où ira la télé-réalité ? Elle ira jusqu’où les médias lui permettront d’aller en propageant ses promesses. Dans un monde où la multiplication des chaînes est indéfinie, la seule façon de se faire entendre est de créer un scandale. Maintenant tout le monde sait que BBN existe… Notre seule façon de résister est de ne pas parler des faits, c’est-à-dire en l’occurrence des émissions, avant qu’elles aient eu lieu.